La peinture en lavis d'encre — sumi-e au Japon, shuimo en Chine — repose sur un unique pigment noir dilué à différentes intensités. Pas de couleur sur laquelle se rabattre et aucun moyen de corriger un trait une fois posé : toute la tradition consiste à décider quoi laisser de côté. Une montagne, c'est trois traits. Un oiseau, c'est deux.
Le vide est l'ingrédient actif. Le papier laissé intact se lit comme de la brume, de l'eau, du ciel ou du lointain selon ce qui l'entoure : un lavis peut ainsi évoquer toute une vallée en ne peignant que ses contours. Générer davantage, et non moins, est la façon la plus courante de perdre complètement le style.
Le trait porte le reste. Un pinceau chargé dépose une touche sombre et humide qui s'étale dans les fibres ; un pinceau presque sec traîne et se divise, laissant la texture fragmentée utilisée pour la roche et l'écorce. Nommer séparément pinceau chargé et pinceau sec dans un prompt est ce qui donne à Artlist les deux registres que la tradition emploie réellement.